Non classé

Ray-Ban Stories : le pari de Facebook et Ray-Ban peut-il démocratiser les lunettes intelligentes ?

Ray-Ban Stories par Facebook (devenu Meta) et EssilorLuxottica, sont le premier vrai pari grand public pour faire entrer les « smart glasses » dans la vie de tous les jours, mais leur capacité à démocratiser ces lunettes reste incertaine.

Les Ray-Ban Stories sont des lunettes au design Ray-Ban classique (Wayfarer, Meteor, Round…) intégrant deux caméras 5 Mpx, trois micros et des haut‑parleurs dans les branches. Elles permettent de prendre des photos, de filmer jusqu’à 30 secondes, d’écouter de la musique et de passer des appels, le tout contrôlé via un bouton physique ou l’assistant vocal de Facebook. Les contenus sont synchronisés avec l’application Facebook View sur iOS et Android, puis partageables vers Facebook, Instagram, WhatsApp, TikTok, Snapchat.

Les atouts pour une démocratisation

Plusieurs éléments jouent en faveur d’une adoption plus large que les tentatives précédentes comme Google Glass ou les Spectacles de Snapchat.

  • Un design de lunettes « normales » : les composants sont dissimulés dans une monture iconique, ce qui réduit la stigmatisation sociale liée aux gadgets technologiques visibles.
  • Des usages simples et immédiats : capturer des moments à la première personne, écouter de la musique ou prendre un appel sans sortir son smartphone répond à des gestes déjà ancrés chez les utilisateurs de réseaux sociaux.
  • La puissance des marques : Ray-Ban est l’un des lunetiers les plus populaires au monde, tandis que Facebook reste en 2021 le premier réseau social, ce qui offre un immense levier marketing et de distribution.
  • L’intégration à l’écosystème social : la possibilité de partager facilement sur quasiment toutes les grandes plateformes supprime la friction qui avait limité l’intérêt des Spectacles, cantonnés à Snapchat.

Meta et Ray-Ban misent sur une normalisation progressive des lunettes connectées, en les positionnant comme un accessoire de mode qui ajoute des fonctions discrètes plutôt qu’un objet futuriste.

Les freins majeurs : vie privée, image de Facebook et usages

Malgré ces atouts, plusieurs obstacles sérieux limitent, en 2021, la possibilité d’une vraie démocratisation.

  • Méfiance vis‑à‑vis de Facebook : après Cambridge Analytica et d’autres scandales de données, l’opinion publique reste très sceptique sur la collecte d’images et de sons en continu par un produit siglé Facebook.
  • Inquiétudes sur la vie privée dans l’espace public : même si une LED s’allume lors de l’enregistrement et qu’un interrupteur physique peut couper les caméras, les défenseurs des libertés s’inquiètent du potentiel intrusif de ces lunettes.
  • Utilité encore limitée : ce ne sont pas des lunettes de réalité augmentée complètes, mais surtout une caméra‑audio portable améliorée, ce qui peut apparaître comme un gadget face à un smartphone qui sait déjà tout faire.
  • Précédents commerciaux mitigés : les Spectacles de Snapchat ont été des échecs de masse, montrant que la promesse de « filmer sa vie à la première personne » ne suffit pas à convaincre le grand public.

L’enjeu central est donc la perception : le produit peut être perçu soit comme pratique et cool, soit comme un symbole de surveillance permanente porté sur le nez.

Un pari stratégique pour le futur du métavers

Pour Meta, Ray-Ban Stories s’inscrivent dans une feuille de route plus large vers des lunettes de réalité augmentée et le métavers. Les lunettes actuelles servent d’étape d’accoutumance : habituer le public à porter tous les jours sur le visage un objet connecté, avant d’y ajouter des graphismes 3D et des interfaces plus complexes.
Meta évoque déjà des modèles plus avancés aux alentours de 2024, combinant lunettes et dispositifs de contrôle gestuel (bracelets captant les mouvements des doigts). Dans cette perspective, la réussite ne se mesure pas seulement aux ventes de 2021, mais à la capacité du produit à rendre socialement acceptable l’idée même de lunettes intelligentes.

Alors, peuvent‑elles démocratiser les lunettes intelligentes en 2021 ?

En 2021, Ray-Ban Stories représentent le pari le plus crédible à ce jour pour rapprocher les smart glasses du grand public, grâce à leur design discret, leur prix comparable à des lunettes haut de gamme et la force de frappe conjointe de Ray-Ban et Facebook. Cependant, la démocratisation au sens fort un objet adopté massivement, au‑delà des technophiles et créateurs de contenu reste peu probable à court terme, freinée par la méfiance envers Facebook, les questions de vie privée et une proposition d’usage encore perçue comme accessoire. Ces lunettes apparaissent plutôt comme un « premier domino » : si elles parviennent à installer l’idée que porter des lunettes connectées est socialement acceptable, elles ouvriront la voie à une génération suivante, réellement en mesure de populariser les lunettes intelligentes au cours de la décennie.


Sources

https://cafetech.fr/2021/09/10/facebook-devoile-ses-premieres-lunettes-connectees-en-partenariat-avec-ray-ban/

https://siecledigital.fr/2021/09/10/facebook-lunettes-connectees-ray-ban-stories/

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/les-premieres-lunettes-connectees-de-meta-les-ray-ban-stories-sortiront-le-14-avril-en-france-20220317#:~:text=De%20l’aveu%20de%20Luxoticca,est%20disponible%20depuis%20septembre%202021

Laisser un commentaire