Lunettes connectées : loin des Google Glass, des Français au top

Loin de l’agitation médiatique autour des Google Glass, toujours pas commercialisées, deux acteurs français occupent déjà le marché des lunettes connectées et équipent les professionnels dans les domaines de la défense, l’aéronautique ou la maintenance. Les lunettes interactives développées par le géant américain ne sont disponibles pour l’instant que pour une poignée de développeurs, à l’état de prototype, à des prix tournant autour de 1.500 dollars.

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« Il y a deux ou trois ans, Google nous a même acheté une paire de nos lunettes connectées pour voir comment elles marchaient », s’amuse Thierry Penet, responsable ventes et marketing de Laster Technologies.

Cette société de 15 personnes basée dans l’Essonne, commercialise depuis 2010 ce qu’elle appelle des « systèmes d’affichage d’informations sur la tête », soit cinq modèles de « lunette » (au singulier, car il s’agit le plus souvent d’un monoculaire) qui affichent des informations directement dans le champ de vision, transmises par un smartphone via bluetooth. Heure, météo, mails, appels, géolocalisation: ces données de base se superposent à la vision de l’environnement, et, en sus, une mini-caméra permet d’analyser et de gérer à distance (via un collègue resté au bureau par exemple) la situation sur le terrain pour des interventions de maintenance, de logistique, de chirurgie voire même militaires.

Les clients de Laster Technologies sont des entreprises comme Thalès, Dassault Systèmes, EADS et Eurocopter, et la société réalise 35% de son chiffre d’affaires à l’international. « L’arrivée de ces produits pour le grand public, c’est pour demain », assure à l’AFP Thierry Penet, dont la société commercialise déjà un masque de ski « informatif » qui permet d’afficher le plan de la station, la météo ou l’altitude.

« Je suis ravi de l’agitation autour des lunettes intelligentes Google Glass, et aussi du fait qu’ils sont à peine plus nombreux que nous, soit 23 personnes, à travailler sur le projet en Californie ! Certes on n’a pas la même force marketing, on est le petit David contre Goliath, mais on est audacieux, on est déjà sur le marché, et les entreprises reconnues dans ce domaine comme la nôtre se comptent encore sur les doigts d’une main dans le monde », souligne-t-il.

Nouvelle rupture technologique. L’autre start-up française à se placer sur le créneau est Optinvent, basée à Rennes, qui lance en janvier ses premières lunettes connectées. « Nous les vendons +nues+, avec quelques applications seulement et un kit de développement. Elles sont pour l’instant à destination des développeurs et des professionnels », explique un des fondateurs, Kayvan Mirza. Les pré-commandes émanent des secteurs aéronautique, automobile, médical, maintenance, logistique ou même du cinéma (pour le sous-titrage dans une autre langue par exemple). « Les lunettes intelligentes permettent à celui qui les porte d’avoir des informations supplémentaires qui se superposent sur le monde extérieur et permettent de garder les mains libres ». Le modèle Ora-S, d’un poids de 70 grammes et autonome jusqu’à une journée, est vendu 700 euros: « courant 2014, lorsqu’une trentaine d’applications auront été développées, nous pourrons le vendre au grand public pour environ 300 euros », estime M. Mirza. Les fondateurs d’Optinvent, qui ont quitté en 2007 l’entreprise Thomson Multimedia (aujourd’hui Technicolor), travaillent depuis 2008 sur les lunettes connectées. La société compte huit salariés et a déjà levé plus de trois millions d’euros.

« A l’époque, on parlait de lunettes vidéo, ou de +vidéo mains libres+. Notre produit repose sur neuf brevets: notre +guide de lumière+ fait 4mm d’épaisseur et est en plastique transparent moulé. Il réfléchit l’image sans distorsion et la projette sur l’oeil », explique Kayvan Mirza. « Les Google Glass ? Un très beau produit qui bénéficie de beaucoup de +buzz+, mais nous estimons que notre écran est meilleur car on y travaille depuis plus longtemps qu’eux. Il est aussi trois fois plus grand, et deux fois plus lumineux », affirme-t-il. Google « nous pave la voie, mais s’ils font un bide nous en paierons aussi le prix », juge M. Mirza, tout en soulignant que l’ambition d’Optinvent « est que les lunettes connectées deviennent le prochain équipement mobile après le smartphone, la nouvelle rupture innovante, même si inévitablement des questions se posent en matière de vie privée ».

Article Le Parisien. 20 décembre 2013.

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