T-Shirt connecté de Cityzen Sciences et Asics. Les PME et les start-up de l’électronique européenne osent la conquête du Japon

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La PME française Cityzen Sciences va développer le premier T-shirt connecté du géant japonais du sport Asics. D’autres start-up européennes viennent se frotter aux géants nippons de l’électronique.

Au début des années 2000, Miguel Mellick se rendait régulièrement au Japon pour acheter chez le groupe nippon Tosho les distributeurs automatiques de médicaments qui équipaient les pharmacies européennes. Dix ans plus tard, le pharmacien devenu entrepreneur est de retour à Tokyo. Mais, cette fois, pour proposer aux entreprises nippones un produit électronique entièrement « Made in France ». « C’est un peu une revanche », s’amuse le président du groupe Robotik Technology, basé à Béthune.

Convié au Japon par Bpifrance et Ubifrance, qui aident actuellement des start-up françaises à rencontrer des partenaires dans l’Archipel, il a présenté à plusieurs clients potentiels son « e-box », un petit distributeur automatique connecté de doses de médicaments proposant un contact direct entre les patients et leur médecin traitant ou leur pharmacien. « Le marché potentiel est très large ici », souffle Miguel Mellick, qui rappelle qu’un quart de la population japonaise a déjà plus de soixante-cinq ans et que le gouvernement encourage le maintien des personnes âgées à domicile, et donc les services de télémédecine.

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Travail en silos

Longtemps hésitantes à s’engager sur un marché japonais complexe et intimidant, car dominé par les géants mondiaux de l’électronique, les PME européennes sont de plus en plus nombreuses, désormais, à oser tenter l’aventure dans l’Archipel. Elles viennent proposer des solutions originales que les conglomérats locaux, handicapés par leur gigantisme, n’arrivent plus à isoler ou à développer. « Nous avons d’abord trouvé que les fabricants japonais n’étaient plus assez réactifs à nos demandes d’adaptation », se souvient Miguel Mellick, qui a, un temps, fait fabriquer des machines en Corée du Sud, avant de finalement opter pour une production française.

« Au Japon, les grands groupes travaillent trop en silos et peinent, parfois, à réunir en un produit des savoir-faire industriels très différents », explique Jean-Luc Errant, le PDG de Cityzen Sciences. Son consortium, qui a reçu le soutien financier de Bpifrance et associe notamment le groupe français d’électronique Eolane, ainsi que le spécialiste des textiles de sport Payen, a signé mercredi soir avec le géant japonais du sport Asics un accord de développement d’un T-shirt connecté, qui pourrait être commercialisé dans un peu plus d’un an.

« Ils ont vu les autres tissus intelligents développés ici, notamment par Toray, mais après des tests, ils ont choisi notre technologie, qui est beaucoup plus intégrée », détaille le responsable. Dans le « D-shirt » créé par Cityzen Sciences, des micro-capteurs intégrés directement dans le tissu permettent de mesurer, en direct, les données physiologiques ou d’activité du sportif.

Pas peur de la concurrence

Au Japon, les groupes européens savent qu’ils vont confronter leur technologie à une concurrence particulièrement active, mais aussi qu’ils vont pouvoir profiter d’un marché à la fois mature et précurseur sur de nombreux segments.

Le suédois Doro, avec ses 160 salariés dans le monde, vient ainsi tenter de défier dans l’Archipel le géant Fujitsu, qui emploie 162.000 personnes sur la planète, sur le marché des appareils mobiles pour personnes âgées que le groupe nippon a créé. Doro, qui a déjà vendu 6 millions d’appareils dans le monde, propose pour les personnes âgées effrayées par la complexité des appareils conventionnels un smartphone au design et à l’interface simplifiés, mais aussi une interface épurée pour PC. « Nos appareils sont fabriqués en Chine, mais tous nos logiciels sont conçus à Paris », insiste Jérôme Arnaud, le PDG du groupe, qui rencontre actuellement les opérateurs télécoms nippons pour distribuer son dernier smartphone, bien meilleur marché que ceux proposés par Fujitsu.

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Trois entreprises européennes, trois produits emblématiques.

 

Le « D-shirt » connecté de Cityzen Sciences
Ressemblant à un T-shirt de course à pied classique, le « D-shirt » (pour Digital) conçu par Cityzen Sciences intègre dans son tissu une multitude de minuscules capteurs capables de suivre en direct, au fil de l’effort, la fréquence cardiaque, la température, la vitesse, la localisation ou l’altitude du coureur. Les données sont envoyées vers un smartphone relié par Bluetooth ou stockées dans un boîtier amovible. Leur analyse permet un travail sur les performances d’un individu ou d’une équipe de sportifs professionnels. Les premiers développements concerneront la course à pieds puis d’autres sports, mais cette technologie sera aussi déployée dans la santé.
L’ « e-box » de Robotik qui distribue des médicaments
Conçue pour sécuriser la prise de médicaments à domicile, l’« e-box » de Robotik Technology avertit, par une petite alarme, le patient à l’heure prévue et lui délivre automatiquement la dose prescrite dans un sachet. La machine, qui est connectée, permet un suivi de la prise du traitement par les professionnels de santé, qui sont alertés si une prise n’a pas eu lieu. Reliée par Bluetooth à d’autres appareils, elle permet aussi au patient de prendre sa tension seul ou de mesurer son taux de glycémie et d’échanger ces informations avec son pharmacien ou son médecin traitant. Les professionnels de santé peuvent ainsi modifier le traitement si nécessaire.
Le smartphone simplifié pour les seniors de Doro
Destiné essentiellement aux personnes âgées déconcertées par la complexité des appareils mobiles, le Doro Liberto se présente comme un smartphone simplifié. Il a conservé trois véritables boutons sous un large écran et offre une interface simple affichant quelques grandes icônes aisément identifiables. La machine peut, par exemple, accompagner l’utilisateur, par un système de bulles apparaissant à l’écran, dans la rédaction d’un sms ou d’un e-mail. Elle peut aussi être connectée à l’appareil mobile d’un proche, qui aura alors le droit de régler certains paramètres à distance, comme le volume du son, ou pourra aider l’utilisateur à employer certaines fonctions.

Article Lesechos.fr. Le 26 novembre 2014.

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