Usage Professionnel

La SNCF la joue « NEW TECH »

Opération séduction pour la SNCF qui conviait la presse, fin août, à venir découvrir son dernier centre près de Lille, consacré à la transformation digitale du groupe.

Après une période chahutée, avec la plus longue grève de son histoire au printemps et des incidents majeurs, notamment la paralysie totale de la gare Montparnasse en juillet, la direction de la SNCF veut montrer qu’elle reprend la main. Signal fort en ce sens: l’inauguration de sa cinquième Maison du digital «574» à Hellemes près de Lille (Hauts-de-France) le 29 août. Ce technicentre historique de l’entreprise fera figure de vitrine. Professionnels du ferroviaire, ingénieurs, chercheurs et start-up s’y côtoient. Objectif: permettre à l’ensemble du groupe SNCF d’être à la pointe en matière de nouvelles technologies. Depuis 2015, la société a investi 950 millions d’euros dans sa transformation numérique. Tour d’horizon des innovations présentées.

Maintenance prédictive

Aussi appelée maintenance prévisionnelle, cette techologie permet de détecter une possible défaillance technique en amont de sa survenue. Des conducteurs en région parisienne en sont déjà capables, grâce à un simple smartphone couplé à l’application Vibrato. Celle-ci transmet en temps réel des données liées à la vibration. Après analyse et comparaison, l’outil est capable de déceler un problème sur la voie ou sur le train.

Concrètement, si plusieurs trains envoient des vibrations suspectes à un même endroit, une inspection des infrastructures sera mise en place. Si un seul train émet une vibration non conforme, c’est la locomotive qui est contrôlée. Dans cette optique de maintenance prédictive, la SNCF utilise également un système de lidar –une technologie laser utilisée dans les voitures autonomes les plus pointues. Embarqué sur les trains, il permet de visionner l’ensemble du réseau ferré en 3D sans même se déplacer.

Lunettes connectées, drones…

La SNCF utilise également des objets connectés dans la maintenance industrielle. Les ateliers sont désormais équipés de drones accompagnés d’une tablette pour effectuer les constatations visuelles sur les différentes voitures des possibles réparations à effectuer. Les lunettes connectées sont un autre usage de modernisation. Un programme test est mis en place dans l’ensemble des technicentres SNCF. Ces lunettes offrent la possibilité à un technicien d’être en liaison directe avec un des pôles d’ingénierie au moment d’une opération de maintenance complexe. «Ce projet favorise notamment la rapidité des interventions» commente Cyril Verdun, responsable du pôle ingénierie de Saint-Pierre-des-Corps (périphérie de Tours).

Vers une application personnalisée

L’application SNCF, téléchargée 10,8 millions de fois, «va continuer de s’adapter aux besoins des voyageurs» indique Benoît Tiers, directeur général digital. À ce jour, 620 000 utilisateurs ont déjà accepté d’être géolocalisés. L’outil Data.flux Voyageurs analyse ces données de mobilité pour développer les offres de service et affiner leur personnalisation. Dès octobre 2018, l’application proposera par exemple d’envoyer des alertes aux usagers en cas de perturbation sur leurs itinéraires habituels.

Une modernisation profitable à tous ?

Ces innovations ont une double ambition: améliorer la performance et la compétitivité de l’entreprise. Certains nouveaux processus pourraient générer des économies budgétaires de 30 à 50%, d’après le président de la SNCF, Guillaume Peppy. La direction met aussi en avant des bénéfices pour le personnel. À titre d’exemple, les visualisations par drone évitent aux chaudronniers de grimper sur les trains dans les technicentres et de se recentrer sur «des tâches à valeur ajoutée», selon la SNCF, et d’amoindrir aussi les risques.

Dans un contexte de réduction des coûts, avec notamment des suppressions de poste au sein du groupe (2 000 en 2017 et 700 dans la branche fret d’ici à 2021), la question du remplacement des compétences humaines par l’intelligence numérique se pose. Interrogés à ce sujet, les dirigeants de la SNCF répètent que la technologie a pour vocation prioritaire d’aider, et non de remplacer. Autre point d’attention: si la récolte de données contribuera à accroître la sécurité et la qualité des lignes, la SNCF devra en parallèle veiller à la sécurisation de ces mêmes datas.

http://www.strategies.fr/actualites/marques/4016755W/la-sncf-la-joue-new-tech-.html

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